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                                                 Syndrome de Peter-Pan...

 

 

  

  

 Vous êtes déprimé, mal dans votre peau, abonné aux histoires d’amour à sens unique ? Vous sacrifiez votre vie privée à votre carrière et vous n’avez plus d’amis ? Vous êtes tombé dans l’un des pièges de la vie moderne. Aux Etats-Unis et au Canada, des thérapeutes parlent même de nouveaux syndromes, classés en profils types :

  

 Cendrillon, Blanche-Neige, etc. (des dizaines de best-sellers leur sont consacrés). Nous en avons sélectionné neuf. Vous allez peut-être vous reconnaître dans l’un de ces portraits. Vous ou un proche.

  

Si c’est le cas, ces mêmes thérapeutes conseillent une psychothérapie. Selon eux, il est difficile, voire impossible, de vaincre ces "néocomplexes" sans l’aide d’un spécialiste.

  

 

- Dans le registre de Peter Pan, à lire...

  

  

Le Syndrome de Peter Pan de Dan Kiley, Odile Jacob, 2000.

  

 

Bastien refuse de grandir. A 42 ans, on lui en donnerait 25 ! Il faut dire que cet homme-enfant ne ménage pas ses efforts pour conserver son allure juvénile. Salle de sport, léger hâle (UV), crème antirides, jeans et Adidas " vintage ", tout l’attirail " teen-ager " y passe. Il écume les boîtes techno pour se faire de nouveaux copains, et squatte les apparts des autres. Avoir une maison à soi ? Trop de complications ! C’est comme si Bastien avait décidé que sa vie s’était arrêtée à 15 ans. Tel Peter Pan, il vit au pays de Nulle Part, là où les enfants sont rois.

  

  

Charmant, léger, drôle, insaisissable, il fuit les responsablités comme la peste. Il butine les amours au gré de ses désirs. Son cœur balance toujours entre Wendy et la fée Clochette. Dès l’instant où celle qu’il aime lui montre qu’elle a besoin de lui, il s’échappe. Ses passions sont aussi éphémères que sincères. Un jour la moto, le lendemain la clarinette… Incapable d’aller au bout des choses, il a entamé plusieurs cycles d’études, mais n’a passé aucun diplôme. Question boulot, la flexibilité, il connaît.

  

 Quitte à griller son plan de carrière, il refuse tous les postes qui l’enfermeraient dans une fonction définie. Son problème ? Personne ne le prend très au sérieux… Et ça, ça déprime ce grand narcisse, dont l’unique raison de vivre est d’être admiré. Et puis, à la quarantaine passée, il devient difficile d’être un Peter Pan à ses propres yeux… comme aux yeux des autres.

  

  

  

 En ce qui concerne Cendrillon à lire :

 

 

Le Complexe de Cendrillon et Cendrillon et l’Argent de Colette Dowling, Grasset, 1982 et 1999.

  

  

Isabelle vit dans l’attente qu’un événement extérieur change sa vie. Il y a trente ans, elle a démarré en vendant bijoux et saris rapportés de ses voyages en Inde. Succès immédiat. Quelques années plus tard, elle s’est retrouvée à la tête d’une trentaine de boutiques spécialisées dans les produits qu’elle importait d’Asie par conteneurs entiers. Ravie d’avoir fait fortune, elle a savouré les délices d’une indépendance financière vite gagnée. Pas longtemps !

  

  

Rapidement, elle s’est posé des questions : "Que signifie pour une femme n’avoir besoin de personne, financièrement parlant ? A quoi sert d’être riche si c’est pour vivre seule, sans amour ?" Sa réussite éclatante est devenue peu à peu un fardeau. Isabelle ne se sentait plus séduisante, l’argent l’avait " déféminisée ".

  

 

En fait, derrière la façade de la femme qui s’assume, se cachait celle de la faible jeune fille qui, à l’instar de Cendrillon, espérait être sauvée par un prince Charmant. D’où, un rapport très compliqué à l’argent. Folles dépenses, achats compulsifs, placements à perte, gestion déplorable, contrats flous, Isabelle a fini par faire faillite, couverte de dettes.

 

Elle s’est elle-même mise en situation de précarité pour que survienne le beau chevalier qui la sauvera. Prisonnière et victime du mythe romantique, elle a sacrifié son indépendance financière à un héros imaginaire.

 

  

Blanche-Neige

  

  

Juliette est une lycéenne très mignonne. Pourtant, elle cache ses formes féminines sous des méga-sweat-shirts et des pantalons-sacs. Son problème ? Sa maman. Telle la méchante marâtre de Blanche- Neige, cette femme séduisante ne supporte pas de se voir détrôner par sa fille-rivale. Pour rester la plus belle dans le miroir, elle la maintient dans une chrysalide. Juliette entend parfaitement le message inconscient de sa mère.

  

Pour ne pas lui désobéir, elle s’arrange pour s’enlaidir et prendre du poids. Tandis qu’elle dévore des Bounty, sa mère s’habille en lycéenne, séduit ses copains et fait du roller le dimanche. Aujourd’hui, ce syndrome toucherait également les grand-mères !

  

  

 

La subjuguée à lire :

 

  

Ces femmes qui ne peuvent dire non et les hommes qui les dominent de K. Leman, France-Empire, 1990.

  

  

Marie s’efforce constamment de rendre les autres heureux. Toute petite déjà, elle se mettait en quatre pour rendre service. Quelque chose ne va pas ? Elle en prend l’entière responsabilité. Tout est toujours de sa faute. Jamais satisfaite de ce qu’elle entreprend, elle est atteinte de perfectionnisme chronique.

  

 

Incapable de protéger son espace personnel, elle n’a pas une seconde à elle. Faire des heures supplémentaires ? Il suffit que son patron le lui demande. Elle mitonne des petits plats à son mari, repasse les chemisiers de ses filles, sort le chien et va rendre visite à la vieille tante Berthe hospitalisée, car personne d’autre ne veut y aller.

 

 

Pour éviter les conflits, elle ne sait rien refuser. Pourquoi se soumet-elle aux autres ? Parce qu’elles les considèrent forcément meilleurs qu’elle. Pour couronner le tout, Marie la subjuguée souffre de ce que les psychothérapeutes américains William Fezler et Eleanor Fields ont appelé le " complexe de la bonne fille " : elle joue ce rôle pour obtenir l’approbation des hommes, dont elle se sent inférieure.

Ce qui fait d’elle, la proie toute désignée des machos dominateurs. Les " subjuguées " se marient pour le meilleur, mais surtout pour le pire…

 

 

Le vilain petit canard à lire :

 

 

Vous êtes doué et vous ne le savez pas de Barbara Sher et Barbara Smith, J’ai lu 1999

 

 

Petit garçon, Ludovic rêvait d’être danseur étoile… Fils, petit-fils, arrière-petit-fils de notaires, il a repris le flambeau familial, sacrifiant ses désirs au diktat du clan. “Gisèle”, “Roméo et Juliette” :

 les ballets qu’il suivait à la télévision le fascinaient. Mais, tel le vilain petit canard d’Andersen, il se sentait cygne né dans une famille de canards.

 

Ses proches n’avaient pas grand respect pour les artistes et autres saltimbanques. Ses frères se moquaient de lui et de l’image " efféminée " des danseurs classiques. On le prenait pour un faible, un évaporé, un garçon peu doué. Peu à peu, Ludovic a intégré le discours dévalorisant de sa famille. Les quolibets ont fini par laminer complètement son estime de soi.

 

Les canards ont gagné. Le cygne a capitulé. En devenant notaire, Ludovic est passé à côté de lui-même, à côté de son talent et de son originalité. Il a l’impression permanente de ne pas vivre sa vie, mais celle de quelqu’un d’autre.

 

 

La première épouse,

 

 

Trompée, Sylvie ferme les yeux, persuadée d’être l’élue du sultan. Au début, c’était l’amour fou, la fête perpétuelle. Quelques mois seulement après leur union, Sylvie a découvert, dans la poche de Bertrand, des lettres d’amour enflammées signées " Lili ta tigresse ". " Ne t’inquiète pas ma chérie, a expliqué Bertrand, ces missives sont le dernier espoir d’une ex-maîtresse, qui n’accepte pas de renoncer à moi. " Fin de l’incident.

 

 

Au fil des mois, Bertrand s’absorbe de plus en plus dans son travail : il rentre tard et s’échappe des week-ends entiers pour boucler des dossiers importants. Sylvie sait qu’il ment. Compréhensive, dévouée, elle pardonne toujours à son incorrigible Don Juan. Pourquoi ? Parce qu’elle est persuadée d’être la préférée, la première épouse, la reine du harem, la dame de cœur. Dans les amours polygames de son époux, c’est elle qui occupe la place de choix.

 

 

La preuve ? Cela fait vingt ans qu’il la trompe et vingt ans qu’il finit toujours par lui revenir, repentant et redoublant de tendresse… Jusqu’au jour où le mari volage divorce pour une jeunette de 25 ans ! Alors là, l’ex-" première épouse " s’effondre. Dépression, estime de soi au niveau zéro, chirurgie esthétique à tout va, elle traverse une crise existentielle drastique ont elle mettra des années à se remettre.

 

 

La belle et la bête à lire :

 

  Ces femmes qui aiment trop, R. Norwood, J’ai lu, 1993.

 

 

Stéphanie a le chic pour tomber amoureuse de monstres, d’hommes perturbés qui ne l’aiment pas ! Ceux, gentils et fiables, qui s’intéressent à elle l’ennuient. A 29 ans, elle collectionne les fiascos. Eternelle "victim of love", "serial plaquée", elle fait partie de ces femmes qui aiment trop. Mal aimée par ses parents pendant l’enfance, elle cherche à combler ce manque affectif auprès d’hommes en souffrance. Stéphanie a besoin d’être utile pour se sentir exister. Son truc : la rédemption par l’amour.

 

 

Telle la Belle, elle s’attache à des monstres, persuadée que son amour désintéressé en fera des princes Charmant ! Pour cela, elle est prête à tous les renoncements. Son fantasme : " Si je souffre pour toi, m’aimeras-tu ? " Sa chanson préférée : " Laisse-moi devenir l’ombre de ton ombre… mais ne me quitte pas".

 

 L’amour n’est pas un échange, c’est un sacrifice. Sexuellement, elle fait passer le plaisir de son partenaire avant le sien. Persuadée de ne pas mériter le bonheur, terrifiée à l’idée d’être abandonnée, elle accepte le pire pour éviter la rupture.

 

 

 

L’ergomaniaque à lire :

 

  Accros du boulot de Barbara Killinger, J’ai lu, 1996.

 

 

Certains boivent, d’autres fument des joints. Françoise, elle, est complètement accro à son job. Centrée sur elle-même et sur sa réussite professionnelle, son ambition est sans limite. Prestige, pouvoir, efficacité sont les trois valeurs autour desquelles gravite son existence. Ce qu’elle veut, c’est être reconnue et admirée par ses subalternes.

 

Hors cadre professionnel, elle n’existe plus. Aucune vie privée, le vide affectif total ! Plus elle a de responsabilités, plus elle en veut. En fait, chaque montée d’adrénaline l’aide à lutter contre la dépression, qui menace de l’envahir au moindre temps mort. Et quand on lui fait remarquer son " ergomanie " galopante, Françoise dénie !

 

A ce rythme-là, elle risque une crise du " burnout ", ou " syndrome d’épuisement professionnel ". A bout de nerfs, vidée physiquement et moralement, elle réalisera brutalement que le travail n’est pas la clef du bonheur.

 

 

L’imposteur,

 

 

Bruno ne se sent pas à sa place. Pourtant, c’est un modèle de réussite professionnelle. Parti du bas de l’échelle, il a gravi tous les échelons de la hiérarchie avec brio. Pourtant, malgré la confiance dont l’honore son P-DG, Bruno doute de lui. Sans arrêt, une petite voix susurre à son oreille : " Mérites-tu vraiment ce job ? Es-tu à la hauteur ?" Obsédé par l’idée de commettre une erreur, qui révélerait l’imposture, la vie de Bruno est un enfer.

 

Cette pathologie, de plus en plus fréquente, touche les personnes dont le niveau d’estime de soi n’a pas progressé au même rythme que leurs compétences : même devenus des experts, ils se regardent toujours comme des débutants.

 

 

 

L’avis du psy :

 

 

Jean-Pierre Winter “Le danger : se complaire dans l’image de victime"

”Ces syndromes “made in USA” sont rassurants mais pas suffisants", explique Jean-Pierre Winter, auteur des Errants de la chair (Calmann-Lévy, 1998).

 

 

  -Selon vous, ces syndromes sont-ils crédibles ?

 

 

-C’est d’abord du marketing, des coups éditoriaux qui donnent des noms nouveaux à des symptômes connus. Ça séduit parce que c’est simple. La démarche est très américaine parce que très " psychologisante ", au sens où elle veut toujours tout expliquer, faire des classifications commodes.

 

 

Les psys anglo-saxons font de votre symptôme votre identité. Ils prennent les gens par la main, ils les rassurent : " Ne t’inquiète pas ma chérie, Cendrillon et des millions de femmes ont déjà vécu ça !

 " Ce courant s’inspire directement des archétypes décrits par Jung.

 

 Sauf que lui a utilisé la mythologie et les traditions culturelles de nombreux pays, notamment l’Inde

et la Chine. Les psys américains, eux, s’inspirent des contes de Perrault et d’Andersen, ou plutôt de leurs adaptations par Disney !

 

 

-A quoi ça sert de se reconnaître dans Cendrillon ou Peter Pan ?

 

 

-Au début, les gens ont l’impression de progresser dans la connaissance d’eux-mêmes. Mais ils se complaisent dans l’image que leur renvoient ces "complexes", l’image confortable de victime qui a eu à souffrir de ses proches. Du coup, ils ne se remettent pas en cause ! Et réduire une personne à "Cendrillon", c’est oublier qu’en chacun de nous il y a des conflits sexuels, des conflits d’identité, le poids du langage, le poids des parents, bref des paramètres infiniment complexes.

 

 

Article de Catherine Marchi.

 

Ref : www.psychologie.com/Moi/se-connaitre/Comportement/Articles-et -Dossiers/Etes-vous-une-Cendrillon-ou-un-Peter-pan

Par Sandra Verdrel Psychologue clinicienne - Publié dans : Articles d'auteurs divers - Communauté : Psycho / Psycha
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